Prévention des erreurs en topographie souterraine Text in Deutsch Télécharcher comme document pdf (mieux à imprimer): prevent.pdf
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| Thomas Bitterli ( Actualisé par Rolf Kummer RESUME
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Les relevés topo de quelques grands réseaux de l'Oberland bernois contenaient un nombre étonnamment élevé d'erreurs, comme l'ont révélé bouclages et retopographies. Erreurs souvent dues à des fautes dans l'utilisation des instruments ou à la Méconnaissance des règles de base de la topographie. Le présent article fait un inventaire des principales causes d'erreur et des règles à respecter pour les prévenir. Il propose ensuite une Méthode pour faire le contrôle régulier des instruments et pour détecter d'éventuels défauts de la vue utilisant l'infrastructure de la HRH au Chromatte. |
| table des matières... | |
| TABLE DES MATIERES
Introduction |
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| INTRODUCTION | Un mémoire fort complet est paru
il y a onze ans dans "Stalactite" sur la fiabilité des très populaires
instruments SUUNTO (HOF 1988). L'auteur y arrive à la conclusion que ces instruments
maniables et robustes répondent bien aux exigences de la topographie souterraine, tant
que l'on respecte certaines règles de base et au prix e contrôles préalables. Depuis
lors, que de temps perdu à la recherche des erreurs dans les topos de grands réseaux, en
particulier dans le domaine Sieben Hengste-Hohgant! Voilà qui montre bien qu'il n'est pas
inutile de rappeler ces règles de temps en temps. Il arrive trop souvent que le
spéléologue se fie aveuglément aux indications de précision impressionnantes du
fabriquant. Les causes de tellement derreurs grossières: ignorance, mauvais choix
des points topo, erreur de manipulation des instruments, erreur dans la transmission des
données, et enfin baisse de concentration due à la fatigue et au manque de motivation. Le but de cet article est de montrer les nombreux pièges qui guettent une équipe topo, et surtout de donner des indications pour les éviter. Autant que possible j'éviterai d'exposer ici les bases scientifiques, que l'on trouvera dans l'article de HOF (1988). Pour des informations plus détaillées sur les méthodes de relevé, on se référera à GROSSENBACHER (1991). Et quant à la question du dessin d'habillage, au moins aussi importante que celle du cheminement, elle ne sera pas traitée ici. Une dernière remarque préliminaire: le papier est indulgent, et les programmes d'ordinateur le sont (parfois) aussi. Mais même le meilleur programme ne corrige jamais les erreurs; au contraire, il les répercute sur l'ensemble d'une topo. Les possibilités de l'informatique ne dispensent donc pas de l'obéissance aux règles de la topographie. Ajoutons encore qu'une topo erronée est pire qu'aucune, car la recherche des erreurs est plus laborieuse qu'une retopographie complète.
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| REMARQUES GENERALES SUR LES ERREURS DE MESURE: | La topographie
souterraine procède par un cheminement fait de visées successives. Il en résulte qu'une
erreur de visée se rapporte sur les points topo suivants. Il y a peu de moyens de
contrôle, et on les utilise trop rarement pour des questions de temps: contrôles
systématiques par visée retour, analyse des erreurs de bouclage et retopographie.
Les erreurs aléatoires ont les conséquences les moins graves, à l'exeption des erreurs grossières sur de longues visées. En effet, elles se compensent mutuellement jusqu'à un certain point dans de longs cheminements. En faisant chez soi sans délai et méticuleusement la mise au net du dessin, il semblerait qu'on puisse repérer au moins les erreurs les plus grossières (plus de 30g). Pourtant, l'expérience monter que c'est rarement le cas. Les erreurs systématiques faussent chaque visée dans la même mesure et donc s'additionnent. Même une faible déviation systématique, de quelques dixièmes de degré, peut produire une erreur de plusieurs dizaines de mètres sur une distance suffisante (voir l'écart de 80m en dénivellation lors de la jonction F1 - Sieben Hengste !). Mais, contrairement aux erreurs aléatoires, les erreurs systématiques peuvent être corrigées si on connaît la valeur. Entre deux, il y a une grande gamme d'erreurs plus ou moins aléatoires, qui prennent un caractère systématique selon la direction générale des galeries et les habitudes du topographe. L'erreur étant variable, il est alors impossible de la compenser au moyen d'une simple valeur de correction. Dans le but de donner des recommandations pratiques, nous utiliserons ici une critère de classification différent, d'après les cas cités, les erreurs peuvent être aussi bien systématiques qu'aléatoires
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| LE CHOIX DES POINTS TOPO | La méthode la plus utilisée en Suisse consiste à marquer avec du vernis à ongle directement le point d'ou on fait la visée; elle a fait ses preuves depuis des dizaines d'années en matière de reproductibilité et de précision. Elle exige cependant l'observation de quelques règles importantes: Des visées trop longues (>20 m) sont à éviter, ne serait-ce que pour la fidélité du dessin. En pareil cas, comme de petites erreurs (systématiques ou non) affectent déjà la précision d'ensemble de manière disproportionnée, on devrait être spécialement attentif aux principales causes d'erreur: pas de visibilité barrée par une arête proéminente, point à viser marqué par une source de lumière (il n'est pas suffisant de l'éclairer), position confortable pour la visée, contrôle des mesures, éventuellement aussi par visée retour. les stations qui ne permettent pas une visée confortable sont l'une des plus grandes causes d'erreur. Souvent on peut l'éviter en choisissant une station intermédiaire. Il est parfois impossible de placer l'instrument exactement sur le point topo. Dans ce cas, la visée doit être décalée mais faite de manière parfaitement parallèle à la visée théorique. Des erreurs grossières peuvent se produire si la décalage n'est pas marquée au point visé, mais compensé à l'estime par le spéléomètre. Une méthode souvent utilisée, surtout lors des topos de surface, - visée sur les yeux du coéquipier et non sur de véritables points topo - s'est avérée très imprécise, en particulier parce qu'il s'agit souvent de longues visées. D'ailleurs le marquage au vernis à ongles ne fonctionne pas à l'extérieur (sensibilité à la lumière), et doit être fait à la peinture (par exemple en utilisant des tubes de peinture avec applicateur à bille).
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Fig. 1: Boussole SUUNTO
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Les visées très
inclinées (>40g) sont nuisibles à la précision pour deux raisons. D'une part il
est alors assez difficile de lire l'azimut et de tenir en même temps l'instrument
horizontal, d'où un blocage fréquent du disque de la boussole. D'autre part l'oeil est
facilement trompé par les structures obliques des parois au moment de prolonger
mentalement le repère de la boussole vers le haut ou le bas. On résout ce problème en
prolongeant le repère de visée par un fil à plomb (par exemple le clisimètre suspendu
à son cordon), ou en munissant la boussole d'un accessoire optique (comme un cylindre de
verre, selon WEISSENSTEINER & TRÜSSEL, 1991; voir fig. 1). Il faut éviter dans la
mesure du possible les visées trop inclinées et les remplacer par des visées
intermédiaires verticales.
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| Les erreurs
sur les points de raccordement causent de graves déformations à un réseau de
mesures et posent des problèmes difficiles à résoudre après coup. On en diminue le
risque par une réalisation soigneuse du dessin, et par un marquage et une numérotation
systématique des points. En plus du vernis à ongle, discret dans le paysage souterrain,
un marquage complémentaire avec de la bande fluorescente s'est montré fort utile. Elle
n'est pas trop voyante non plus, mais la lumière qu'elle réfléchit est visible à 10m
de distance et les numéros du point peuvent y être notés au feutre indélébile. On
peut conseiller aussi les billets de Synthosil annotés, à placer aux stations
principales, aux embranchements et aux départs de cheminées.
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| INFLUENCE
DES OBJETS EN FER |
Il est bien connu
que le fer dévie l'aiguille des boussoles. Malheureusement, il entre largement dans
l'équipement du spéléologue, et il n'est pas toujours possible de le remplacer par du
plastique, de l'aluminium ou du laiton. En outre, les fabriquants d'équipement ne sont
guère incités à prendre en compte les désirs des topographes: ces derniers sont en
effet peu nombreux à côté des simples visiteurs de caverne, et beaucoup de
spéléologues, même expérimentées, ne sont pas assez conscients de limportance
de cette source d'erreur. Les topos ainsi faussées pourraient atteindre 20 à 30%. Dans cette situation peu satisfaisante, il ne reste rien d'autre à faire que de remplacer systématiquement les pièces en fer par du laiton dans l'environnement de la boussole. Et c'est justement les éclairages de casque Petzl, si populaires, qui ont comme protection du bec une barrette en acier qui vient se placer à peine 2cm au-dessus de la boussole! Des erreurs en azimut de 10 grades ou plus ont garanties (mais ne sont mentionnées dans aucune garantie). Par contre, la construction bien étudiée de cette lampe permet de remplacer sans trop de peine presque toutes les pièces en fer. Comme les vis en laiton de dimensions correspondantes ne se trouvent pratiquement que dans le commerce de gros (spécifications, voir fig. 2), Spelemant à Pully offre comme service supplémentaire aux clients la vente au détail de ces pièces de rechange. La SSS-Berne possède un stock qui est à disposition aussi.
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Fig. 2. Visserie de rechange en laiton pour adapter l'éclairage de casque Petzl (Laser) à la topographie. |
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| Article | nb. |
taille. |
en remplacement de / fonction |
| Vis cyl., tête plate | 1 |
M 5/35 |
goupille d'acier
près du bec, fixation du porte-bec. |
| Vis cyl., tête plate | 1 |
M 3/60 |
fixation du réflecteur (sur la face arrière) |
| Vis cyl., tête plate | 1 |
M 3/30 |
axe du piézo |
| Vis cyl., tête plate | 2 |
M 3,5/6 |
fixation de la lampe électrique |
| Contre-écrou | 2 |
M 3 |
fixation du réflecteur et de l'axe du piézo |
| Le piézo par contre pose un problème plus compliqué. On peut bien remplacer les ressorts par des élastiques, mais le marteau risque de venir se placer juste au-dessus du compas, suivant comment le montage a été fait. Les erreurs qui en découlent, jusqu'à 5 grades, prennent un caractère systématique si la direction de la galerie est constante. Elles sont toutefois trop variables et aléatoires pour pouvoir être compensées après coup par ne valeur de correction. Comme le piézo est installé le plus souvent à droite du bec, viser avec l'oeil gauche apporte déjà une amélioration substantielle. En outre, il faut veiller lors du montage à installer le piézo aussi haut que possible, pour éloigner au maximum le marteau de la boussole. Personnellement, j'ajouterais que l'on peut aussi installer le piézo de manière à pouvoir le démonter avant la séance topo; peut-être qu'un esprit ingénieux trouvera une solution simple à réaliser. En cas de doute sur l'influence magnétique de son casque, il faudrait l'ôter et le tenir à distance avant chaque visée. Une manoeuvre pour laquelle chaque station topo n'offre pas forcément toutes les commodités. Les autres pièces en acier, certaines plutôt massives, sont normalement suffisamment lion de la boussole pour qu'on puisse en principe exclure un effet important. Pourtant, on l'oublie facilement, ces objets aussi peuvent s'en approcher dangereusement: par exemple en poussant le générateur à acétylène devant soi dans une étroiture (surtout si on le porte à une cordelette passée autour du cou), en effectuant une visée à la corde qui risque d'amener la poignée à deux doigts de la boussole, ou en topographiant avec un sac plein de quincaillerie sur le dos (attention au générateur à acétylène lors des topos de surface!). Il y a encore d'autres causes de perturbation magnétiques; ne mentionnons que la lampe électrique d'appoint pour la lecture de la boussole et certaines montures de lunettes. Enfin, lors des topos de surface, les spéléologues tombent régulièrement près de piquets en fer et de fils de fer barbelés.
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| UTILISATION DES INSTRUMENTS | Les visées exigent
toujours beaucoup de concentration (mauvais éclairage, mauvaise position
de lecture, saleté, blocage du disque de la boussole, échelle inversée, etc.), et donc
un entraînement en conséquence. Dans les cours topo, on constate
régulièrement que des mesures faites par des débutants ou des gens peu entraînés
peuvent présenter des taux d'erreur très élevés (jusquà 50% des mesures !). Les
topographes expérimentés ne sont pas non plus vaccinés contre toutes le possibilités
d'erreur: la fatigue et le mangue de motivation contribuent beaucoup à amoindrir la
précision des mesures (lecture trop rapide, pas de vérification, erreur sur le point à
viser, et.). On observe souvent que la fiabilité des mesures ne diminue pas de manière
progressive lors des longues séances topo, mais qu'elle tombe brusquement à partir d'un
certain état de fatigue. La difficulté consiste à reconnaître le bon moment pour
arrêter la séance. Un bon conseil est de faire les lectures en maintenant un oeil fermé. D'une part l'oeil se fatigue moins vite, et d'autre part les défauts de la vue du topographe, qui sont assez fréquents, prennent moins d'importance (surtout lorsque la fatigue se fait sentir et que la concentration faiblit). Il est important que l'Instrument soit tenu droit, et il faut s'y exercer en situation inconfortable. Il suffit que le boîtier de la boussole ne soit pas bien horizontal, donc parallèle au disque mobile, pour que celui-ci se bloque. L'erreur peut atteindre facilement 30g et plus. En absence de niveau à bulle, il faut vérifier avant chaque lecture que le disque tourne librement. la mesure de l'azimut est d'autant plus délicate que la visée est inclinée. Une lecture trop rapide peut aussi conduire à des erreurs, puisque la stabilisation du disque n'est pas instantanée. Le clisimètre ne se bloque normalement pas lorsqu'il est de travers. Il faut malgré tout le tenir aussi vertical que possible, sinon il produit une erreur systématique qui peut atteindre un bon degré (pour les explications théoriques, voir HOF, 1988). S'agissant d'une surestimation systématique de la pente, cela conduit à une exagération de la profondeur de la caverne. Le meilleur exemple en est donné par la liaison du F1 avec le réseau des Sieben Hengste: l'erreur de 80m en dénivellation correspond à une erreur moyenne sur la pente de moins de 1%! La lecture des instruments (lecture des chiffres et décompte des subdivisions) est une source permanente d'erreurs même à la lumière du jour, donc d'autant plus avec un éclairage médiocre et en position inconfortable. On dispose de plusieurs moyens pour améliorer la lisibilité en mauvaise lumière: usage d'instruments ayant des marques fluorescentes au tritium ou un éclairage incorporé, lampe de poche d'appoint (mais attention à un risque sérieux de déviation de la boussole par les piles !) ou encore utilisation de la paume de la main comme réflecteur improvisé. Enfin, les débutants surtout commettent régulièrement des erreurs en lisant la mauvaise échelle.
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Fig. 3. Lecture des instruments |
La lecture des
nombres par extrapolation sur une échelle inversée est également une
cause d'erreur fréquente, aussi bien sur la boussole que le clisimètre (voir fig. 3).
Même s'il ne s'agit pas d'erreurs systématiques, une différence de 10g
(par exemple 75g à la place de 85g) produit déjà un erreur de
3.8m sur une visée de 20m. Les expériences faites lors des cours pour débutants
montrent à quel point la lecture sur une échelle de droite à gauche ou de haut en bas
est déroutante: le taux d'erreur est voisin de 50%! Beaucoup de spéléologues
expérimentés même ne sont pas conscients de cette source d'erreur, dont l'importance
croit avec la fatigue. Le risque de confusion est particulièrement élevé entre des
valeurs de la pente faiblement négatives et positives.
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| TRANSMISSION DES DONNEES | Habituellement, ce
n'est pas le spéléomètre qui note les mesures, mais plutôt l'équipier chargé du
dessin, à qui revient aussi l'estimation des largeurs et des hauteurs. Les données
devant être transmises, cela implique un risque important d'erreurs dues à toutes sortes
de causes d'incompréhension: couverture glaiseuse qui absorbe le son, bruits d'eau ,
risque de confusion entre les nombres, diversité des langues et des dialectes. Sans
oublier les erreurs dues à l'inversion des chiffres, par exemple 76 à la place de 67
(Note vengeresse du traducteur francophone: si c'est un germanophone qui le dit!). Par
expérience, on constate jusqu'à 10% d'erreur de transmission en cas de fatigue et de
concentration faiblissante. Pour cette raison , il faut:
Une source d'erreur dangereuse est la conversion des visées retour. Les instruments gradués en 400 divisions offrent à cet égard une sécurité sensiblement plus grande. Par principe, on doit avoir convenu et noté, avant de commencer les mesures, qui effectue les conversions (risque de double conversion) et l'échelle utilisée, en degrés ou en grades (pour les clisimètres, il y a même encore une échelle en pour cents !). Nous conseillons de toujours transmettre les données brutes, et de marquer spécialement sur la feuille topo quelles sont les valeurs converties (cela peut être important pour d'éventuelles corrections ultérieures). Pour éviter les erreurs d'interprétation, il est également préférable de ne pas arrondir inutilement les distances à 5 ou même 10 cm près. Il y risque d'erreur aussi au moment de noter les données. Trop souvent on donne la priorité au dessin, et pour avoir négligé de noter tout de suite un valeur isolée, il faut la retrouver dans sa mémoire quelques visées plus tard. Parfois les chiffres sont à ce point illisibles qu'il faut s'aider d'une pièce de monnaie et jouer à pile ou face pour les relire à la maison. Trop souvent aussi le dessinateur néglige le premier commandement: garder les mains propres!
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| SOIN DES INSTRUMENTS | Les instruments
SUUNTO donnent une impression de grande robustesse qui trompe sur la fragilité de leurs
organes. En réalité, ces instruments sont assez sensibles à lhumidité, à la
saleté et aux coups. Généralement, aucun indice nattire la méfiance du
topographe sur le comportement fautif dun instrument, qui peut donner
régulièrement pendant des années des valeurs erronées. Seul un étalonnage régulier
permet de détecter de telles erreurs. Ces instruments ne sont pas du tout étanches et ne doivent jamais être mis directement dans leau. En outre, une immersion fait pénétrer de fines particules de saleté. Pour nettoyer les instruments, il ne faut par principe utiliser quun chiffon humide. Il semblerait évident de maintenir des instruments de ce prix aussi propres que possible, donc les porter sous la combi, ôter les deux gants pour faire la visée et garder les mains propres. Le port dune combinaison néoprène impose des précautions particulières; à cause de lhumidité, la condensation formée à lintérieur de linstruments a déjà plus d'une fois rendu toute visée impossible. On peut améliorer l'étanchéité des instruments soit en remplaçant le joint caoutchouc par un joint plus épais, soit en bourrant une pâte détanchéité dans linterstice autour de la capsule; cette dernière solution a toutefois le désavantage de gêner la lecture en diminuant lentrée de lumière. Il est possible douvrir linstrument pour nettoyage, mais lopération est très délicate et nécessite un étalonnage ultérieur. Les chocs peuvent déformer lace ou le mettre de biais. On risque alors une erreur systématique, ou bien des frottements qui empêchent le disque dosciller librement (le disque croche). Contrairement à lopinion généralement répandue, il ny a pas besoin de chocs importants pour produire de tels dégâts; les chocs répétés entre des instruments portés autour du cou suffisent amplement. Le plus souvent, les dégâts surviennent à des instruments qui nont pas été rangés dans leur étui ou sous la combi entre deux visées; attention aux topos de surface! On peut fixer les deux instruments lun sur lautre; parmi dautres avantages, cette mesure a celui de réduire fortement le risque de chocs. Le problème dans ces dégâts accidentels ne tient pas tant aux indications erronées données par linstrument quà la détection du défaut. Seuls remèdes: traitement soigneux des instruments, contrôles et étalonnages réguliers. Les bulles dair peuvent gêner considérablement la libre oscillation du disque. Si elles ne viennent pas que des variations de la pression atmosphérique (changements daltitude), elles trahissent le vieillissement de linstrument. Il est possible de refaire le remplissage avec du pétrole pur, mais cest très délicat et ne prolonge en général la durée de vie de linstrument que de quelques mois. Si le décamètre ne pose pas de problème dentretien, il faut quand même veiller à ce que les chiffres restent bien lisibles. Cela concerne surtout le point zéro: un rivet élimine toute hésitation. Il est vivement déconseillé de raccourcir la bande; les erreurs de conversion qui en résultent sont bien plus fréquentes quon ne le pense, même pour un raccourcissement de 10m juste. On trouve dailleurs du ruban de rechange dans le commerce de détail, sensiblement meilleur marché que linstrument complet.
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| ERREURS INSTRUMENTALES ET DEFAUTS DE LA VUE | Malgré la garantie,
on na aucune assurance à lachat que linstrument soit exact. Des
déviations systématiques de 2g ne sont pas rares, produisant des dizaines de mètres
derreur sur de longs cheminements. A cela sajoutent ensuite les déviations
dues aux déformations accidentelles de laxe. De telles erreurs peuvent être en
partie compensées par soustraction dune valeur de correction spécifique à
linstrument, la constante instrumentale. la difficulté est alors de déterminer
cette valeur, et surtout de savoir quand apparaît une déviation supplémentaire. Le seul
moyen de déterminer la constante instrumentale est un étalonnage à intervalles
réguliers. L'HRH dispose d'une infrastructure qui permet de
déterminer: |
| 1. le degré de
reproductibilité; puis, si elle est assurée, 2. la déviation de l'instrument par rapport au nord magnétique (ou par rapport à l'horizontale pour un clisimètre), et 3. la déviation par rapport au nord magnétique (ou par rapport à l'horizontale) due à un défaut de la vue. |
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Fig. 5: / Fig. 6: |
Par contre, les erreurs dues
à une excentricité de laxe (déviation variable suivant lazimut ou
linclinaison) sont généralement plus difficiles à repérer et risquent de passer
inaperçues. Surtout, déterminer les valeurs de correction est une opération très
laborieuse. Le théodolite ne fait pas partie de léquipement de base du spéléologue et létalonnage réciproque de plusieurs sets dinstruments est un long travail. Il ny a donc actuellement quun faible pourcentage dinstruments et de paires dyeux qui soient régulièrement testés. Létalonnage par visée sur des repères naturels est long à réaliser et demande un nombre conséquent de visées pour être suffisamment précis. En se basant sur les test réalisés dans le cadre de lHRH, on a défini les gradations de précision suivantes: |
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| La correction
par soustraction dune constante instrumentale na un sens que
pour les deux premières catégories. En effet, peur les plus mauvais instruments,
lincertitude de mesure dépasse une éventuelle valeur de correction. De tels
instruments ne sont utilisables que pour la topographie de petites grottes, et en aucun
cas pour des topographies de surface. La comparaison entre les instruments permet déjà de se faire une idée de leurs déviations effectives (absolues). La proportion des instruments qui ont une reproductibilité bonne à excellente, mais qui présentent une déviation systématique de 1 à 2g (en plus ou en moins), est denviron 10 à 20% (voir instrument 5 de la fig. 5 et instrument 1 de la fig. 6). Pour la détermination des constantes instrumentales, il faut mettre de côté un instrument de référence qui offre une excellente reproductibilité et dont on connaisse la déviation systématique. On peut ainsi attribuer des valeurs absolues de pente ou dazimut aux repères de référence arbitrairement choisis. En cas détalonnages effectués sur plusieurs années, il ne faut pas oublier de tenir compte de la variation de la déclinaison magnétique. La même méthode peut aussi être utilisée pour corriger leffet déventuels défauts de la vue, en faisant effectuer des visées avec le même instrument (si possible étalonné) à plusieurs personnes. On détermine ainsi une deuxième valeur de correction, qui est spécifique à loeil du topographe. Pour que la détermination de la constante instrumentale ait un sens, il faut bien sûr que linstrument reçoive un marquage durable (à moins dutiliser le numéro de série gravé). A chaque séance topo, il faut noter lidentification des instruments (Même encore non étalonnés) et le nom du spéléomètre (à cause dun éventuel défaut de la vue). Malheureusement, il y a beaucoup trop danciens relevés dont les erreurs ne peuvent plus être corrigées, les feuilles topo ne portant aucune indication des instruments utilisés. Il arrive dailleurs trop souvent que des instruments retirés du service finissent à la poubelle sans quaucune mesure de contrôle nait été faite.
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| BOUCLAGES, VISEES RETOUR ET RETOPOGRAPHIE | La règle qui est de fermer
autant de boucles que possible est valable de toute façon, mais il ne faudrait pas
surestimer les possibilités de la compensation des erreurs. Les bouclages
ne peuvent que stabiliser un réseau de mesures, et encore à la condition quil
ny ait que des erreurs non systématiques bien réparties. Cest rarement le
cas lorsquune boucle ne comporte que peu de visées. Une véritable recherche
derreur prend énormément de temps, plus quil nen faut normalement pour
refaire toutes les mesures. Cette analyse est très difficile, et elle conduit à de
fausses déductions en particulier dans les cas suivants:
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| Par principe on peut
conseiller, dans un premier temps, de ne refermer les boucles (par compensation de
lerreur) que si lerreur globale savère faible. Dans le cas contraire,
il ne reste plus quà tenter de localiser la (ou les) grosses erreurs grâce à un
travail à domicile qui est long et minutieux, par exemple par comparaison avec les
dessins faits dans la caverne, en sappuyant sur la structure géologique, etc. Ce
nest quensuite, après essai de correction, quon peut refermer les
boucles. Il va de soi que les visées ainsi corrigées vont devoir être vérifiées dans
la grotte. Le principal désavantage de la méthode de contrôle par bouclage est quil faut attendre dêtre à domicile pour connaître limportance de lerreur. Or le seul moyen de corriger une unique grosse erreur est souvent de refaire la topo do toute boucle. Il est donc préférable deffectuer un contrôle par visée retour. Chaque visée peut ainsi être vérifiée sur-le-champ et, en cas de différence significative, on peut refaire la mesure. Cette manière de procéder ne ralentit guère le relevé si lon a deux sets dinstruments à disposition, puisque le dessin, indépendamment des visées, prend de toute façon le plus de temps. En définitive, une retopographie est toujours une capitulation devant la difficulté dinterpréter les mesures et les dessins existants. Il est vrai que ce travail est frustrant, mais demande la plupart du temps moins deffort que linterprétation de données manquantes, incomplètes et erronées. Pour prévenir une troisième (si ce nest une quatrième) retopographie, il faut donner une priorité absolue à la qualité du relevé et du dessin. Concrètement, cela implique:
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| EN RESUME | Le présent article expose
une série d évidences quun utilisateur dinstruments de
topographie peut retenir sans problème avec un peu daide en une seule séance topo.
Mais lexpérience nous force à constater quelles sont loin dêtre
toujours si évidentes, et quil est bon de les rappeler. Sous forme de texte,
lénumération des principales causes derreur et de
leurs contre-mesures serait terriblement longue et rebutante. Aussi les présenterons-nous
sous forme dune table où les principales causes derreur sont signalées.
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| REMERCIEMENTS | Cet article se
base sur lexpérience acquise au cours de nombreuses séances de topographie et de
frustrantes retopographies. Je dois des remerciements à ceux qui ont relu le manuscrit, y
ont apporté leurs critiques toujours constructives ou des compléments: M. Trüssel,
P.-Y. Jeannin, A. Wildberger, Y. Weidmann, A. Hof et Ph. Häuselmann. C. Brandt, a
consacré dinnombrables heures pour le travail difficile de traduction, a amélioré
quelques passages douteux. Je dois aussi remercier B. et A. Dudan, qui ont été prêts à
fournir des pièces de rechange non magnétiques pour les éclairages de casque.
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| LITTERATURE CITEE | GROSSENBACHER, Y. (1991): Topographie souterraine. Höhlenvermessung - Cours SSS No 4. HOF, A. (1988): Instruments de topographie WEISSENSTEINER,
V. & TRÜSSEL, Cl. Cet article fut publié aus Stalactite, l'organe de la Société suisse de spéléologie: BITTERLI, T. (1995): Fehlervermeidung bei
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| >> La
mesure de la pente représentée dans la Fig. 3
est +14g (attention: il y existent aussi des instruments avec échelle
inversée), et l'azimut est 235g. En lisant un azimut de 245g, on
aurait eu une erreur de presque 4m sur une visée de 20m!
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